Année meurtrière pour les jeunes sur les routes du Québec

Bien qu’ils soient de moins en moins nombreux à prendre le volant, la proportion de jeunes automobilistes qui meurent par accident sur les routes du Québec est en hausse. Entre janvier et novembre de cette année on dénombrait déjà 44 décès de jeunes âgés de moins de 24 ans des suites d’un accident de la route.

C’est 5 de plus que pour l’année 2016 au complet et il reste encore 2 mois au calendrier 2017. Qui plus est, on sait que le nombre de décès est généralement plus élevé au cours des mois de novembre et de décembre alors que l’hiver s’installe et que les conditions routières deviennent plus difficiles.

On peut donc tenir pour acquis que les routes québécoises feront assurément plus de jeunes victimes en 2017 qu'en 2016. En fait, le nombre de décès dû à des accidents chez les usagés de la route de cette catégorie d’âge est en hausse pour la première fois cette année depuis 2012.

Causes et remède

Alcool au volant, vitesse, inexpérience et distractions sont les facteurs les plus fréquemment invoqués pour expliquer les erreurs de conduite qui causent les accidents qui sont à l’origine de ces tristes pertes de jeunes vies.

Au cours du mois d’octobre, à eux seuls, un accident survenu à Joliette et un autre à Kahnawake ont coûté la vie à quatre jeunes et en ont gravement blessé quelques autres.

Dans le cas de l’accident de Kahnawake, un jeune conducteur âgé de 22 ans a finalement été accusé de négligence criminelle, de conduite dangereuse et de conduite avec facultés affaiblies après avoir perdu le contrôle de son véhicule qui a fait plusieurs tonneaux alors qu’il roulait à très grande vitesse dans un quartier résidentiel.

Des cinq passagers qui prenaient place à bord, un jeune de 17 ans et un autre de 21 ans ont tous les 2 perdu la vie alors que les trois autres ont été grièvement blessés.

La majorité des professionnels et des organismes qui s’intéressent à la sécurité routière, certains coroners et le Conseil canadien de la sécurité notamment, sont d’avis qu’il faut s’attaquer au problème sur deux fronts : la sensibilisation et la réglementation.

Limiter le nombre de passagers

Pour ce qui est de la sensibilisation, la SAAQ est déjà très active dans ce domaine et mène en continu des campagnes dans les médias pour conscientiser les jeunes automobilistes aux différentes sources de danger de la conduite automobile.

Mais certains intervenants dont un coroner recommande entre autres à Québec de limiter le nombre de passagers que peuvent transporter les jeunes automobilistes. Les passagers peuvent en effet s’avérer une source de distraction et provoquer des situations dangereuses pour un conducteur non expérimenté.

En limitant notamment à un seul le nombre de passagers que peut transporter un nouveau conducteur, l’Ontario aurait ainsi réduit de 30 % le nombre de blessés et de morts chez les automobilistes âgés de 19 ans et moins.

Prudence

Si le nombre d’accidents et de décès augmente généralement en novembre et décembre, c’est principalement dû au décalage qui existe du passage des réflexes de conduite en été à ceux de la conduire en hiver. Le principal réflexe à reprendre avec l’arrivée de l’hiver est certainement de garder une distance plus importante face aux voitures qui se trouvent devant soi, car le temps de freinage est plus long sur une chaussée froide, enneigée ou glacée. En hiver mieux vaut ralentir et redoubler de prudence.